Insub.polytopies est la rencontre d’une parcelle agricole et d’un collectif de musicien.ne.s. Elle s’inspire de la manière dont les travaux des champs ont, à diverses époques déjà, donné lieu à des musiques qui les évoquent ou les structurent. Utopie polyphonique, elle émet l’hypothèse poétique d’une exploration à rebours en partant de la musique comme canevas et comme outil. Insub.polytopies interroge enfin les rapports que nous entretenons avec la terre et son travail en qualité d’artistes, à Genève, comme les points de rencontre potentiels de nos sphères d’activités respectives.

Ce projet s’inscrit dans la proximité de certaines musiques folkloriques et des gestes de travail qui les ont influencées. Il cherche d’autres manières de renouer avec le contexte agraire et à explorer comment les champs et les travaux qui y ont lieu, des semailles aux récoltes, peuvent tenir lieu d’éléments musicaux et se laisser influencer par une écriture ou une pratique musicale. A l’idée d’un geste fait pour nourrir qui le produit, au sens littéral de produire quelque-chose qui se mange, se combine celle de donner une forme originale à des activités dérivées du monde agricole et les envisager en tant qu’oeuvres artistiques. Chaque membre du collectif y est associé.e en tant qu’auteur.e et participant.e, dont les propositions sont autant de manières d’étendre le champ d’expérimentation du projet.

D’octobre 2021 à octobre 2022, Insub.polytopies accueille des activités menées par le collectif Insub et des artistes invité.e.s à composer, à intervenir ou à jouer dans ce cadre. La tenue de ces activités respecte la saisonnalité et le rythme de croissance des végétaux et s’adapte aux contraintes météorologiques et agricoles. Les participant.e.s à Insub.polytopies sont: Christophe Berthet, Cyril Bondi, Anouck Genthon, Antoine Läng, Rodolphe Loubatière, Violeta Motta, Raphaël Ortis, Laurent « d’incise » Peter, et les compositrices associées: Olga Kokcharova, Dorothea Schürch, Marianne Schuppe. Nos remerciements vont à Samuel Läng, agriculteur et propriétaire de la parcelle sur laquelle le projet se déroule.

Insub.polytopies is the encounter of a musician collective and farmland. The project is inspired by the multiple relations agrarian activities and music already share through time. It investigates alternative ways to rely on each other as means to celebrate or to structure agricultural works. Designed as a polyphonic utopia, Insub.polytopies makes a simple poetic statement in a possible reversing of the common relationship of agriculture and music. Using the latter as primary canvas and tool, actions and results, productive failure and success, are considered as material for composition and performance.

Insub.polytopies looks into possible relationships musicians can draw with land and the potential overlapping of our specific fields as new ways of making music. Referring to folk music and the working gestures that may have influenced it, experiments embrace other types of connection with agrarian context. The musicians explore how the fields and the activities they host, from sowing to harvesting, become musical elements and influence writing and performance. Now that a plot is used as a studio, soil as music paper, crops as ink, and tools as instruments, musicians and farmers might face similar challenges, furthermore when nature, wildlife and weather suddenly become new partners in the process.

During one year, from October 2021 to October 2022, Insub.polytopies will host activities led by the Insub collective and the artists invited to compose, work and perform within this framework. These activities are held in accordance with the seasonality and growth rhythm of the plants and adapt to weather and farming constraints. The participants in Insub.polytopies are: Christophe Berthet, Cyril Bondi, Anouck Genthon, Antoine Läng, Rodolphe Loubatière, Violeta Motta, Raphaël Ortis, Laurent « d’incise » Peter, and the associated composers: Olga Kokcharova, Dorothea Schürch, Marianne Schuppe. Each member of the collective or guest is associated as an author and a participant, bringing their own inputs and extending the field of experimentation of the project.

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Événements publiques :
Dimanche 13 mars 2022 / 13h / Wheatfall, Mada, Mesures
Mardi 21 juin 2022 / 18h / Solstice
Dimanche 2 octobre 2022 / 13h / Transition

 

Le champ est située à Laconnex dans la campagne genevoise / Le plan est mis à jour en fonction de l’avancée des projets.

 

Prise de vue toutes les 2 semaines sur toute l’année.

Quelques photos aléatoires sur le terrain.

 


(Cyril Bondi, création collective)
L’espace du champ et au delà est donnée à entendre au grès de plusieurs distances et type de sons percussifs s’éloignant du point d’écoute.
Performance: février 2022.

 

(Cyril Bondi-Rodolphe Loubatière)
Une pièce pour 13 cymbales est jouée sur une parcelle dédiée. Les cymbales sont installées en arc de cercle. La performance est enregistrée, selon le principe de n’utiliser que des grains de blés et des cymbales comme éléments percussifs et supports résonnants. Le résultat photographique immortalise la croissance végétale, à la manière d’une trace d’un moment de performance musicale.
Performance: janvier 22

 

(Taku Sugimoto, interprétation collective)
Le compositeur Taku Sugimoto est une figure du minimalisme radical japonais. Sa pièce Mada utilise les proportions géométrique de triangles comme indication de temps. La version présente applique le dessin de la partition sur le champ. Le déplacement des performeur.euses le long de son tracé fait non seulement office de durée mais aussi de ligne de semence.
Performance: novembre 2021 et mars 2022.

(Michael Pisaro-Liu, interprétation collective étendue)
Composé en 2004 par l’américain Michael Pisaro-Liu, Ricefall consistait en une partition pour chutes de grains de riz sur diverses matières par 16 performeur.euses. L’adaptation en Wheatfall (chute de blé) par Insub. résout en partie la problématique du gaspillage.
Performance: mars 2022.

(d’incise, Cyril Bondi, création collective)
Du mäis est planté sur la longeur du champs de manière syncronisée, les gestes et outils sont rendus sonores et accompagnés par un violon (ou est-ce l’inverse?).
Parfois pour un bref temps les planteurs se transforment en musiciens (le repos?).
L’enregistrement suit les performeurs/planteurs pour en extraits des détails toujours mouvants.
Réalisation mai 2022.


(Rodolphe Loubatière, création collective)
Trois duos alternent jeux et semences.
Réalisation mai 2022


(Cyril Bondi, création collective)
La parcelle est partagée en 8 lignes de 25 mètres de long et 2 mètres de larges, chacune à la charge d’un.e membre du collectif. Chacun.e plante librement 3 sortes de céréales afin de composer une partition graphique. Une fois le blé poussé, une photo aérienne du résultat devient une partition qui sera enregistrée en studio par les huit membres en question. Ce projet crée un lien entre le travail du champ et celui du studio, du visuel du champ semé à son interprétation musicale.
Réalisation d’octobre 2021 à octobre 2022.

 

(création collective)
Une parcelle de 24 mètres de larges et 70 de long est semée de blé Rouge de Bordeaux, un geste initial en vue de préparer le terrain de composition, d’imagination et de création des pièces sonores en lien avec la récoltes, les gestes répétitifs, les mouvements coordonnées de l’ensemble. Ce projet permet de faire le lien avec la réalité agricole de production alimentaire, de manière collective, non-mécanisée et sans intrants chimiques. Réalisation d’octobre 2021 à août 2022.
Réalisation d’octobre 2021 à octobre 2022.

 

(Anouck Genthon, projet collectif)
Espace délimité en carré à cheval entre plusieurs espaces, volontairement exempt d’interventions tout au long du projet. Cet aire est pensée comme une zone témoin d’observation pour des temps spécifiques d’écoute de chaque participant.e et comme point d’observation de l’évolution de la végétation depuis cette zone spécifique.
Réalisation d’octobre 2021 à octobre 2022.

 

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Insub.polytopies est un projet soutenu par le fond de Transformation du Canton de Genève, La Fondation SUISA, la Fondation Leenaards

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