Sébastien Bouhana Tambour, pas tant

Sébastien Bouhana: horizontal bass drum, etc

1. evoquée mp3
2. une vieille connaissance mp3
3. très nettement mp3

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Recorded in december 2010, at « grande salle de RANC’ARTS » in Aouste sur Sye (Drôme 26) by Sébastien Bouhana. Thanks to Reno for the mic. Mastering by Sylvain Moreau.

Sébastien lately begins drums and school courses at the Dante Agostini School, in Bordeaux (France). The alternative world in which he moves brings him to the noise music band Madala, with whom he’s formed and trained to the stage in the 90’s. Bands such as Sonic Youth, Bastärd or Sister Iodine influence him and push him to immerse himself in transcendental forms of the music. He discovers free improvisation, at Music’Halle, the modern music school of Toulouse, alongside Emmanuel Petit, Marc Demereau and Fabrice Charles. In the 2000’s, he lives in Paris. His meetings on a few stages in Paris lead him to work with several free improvisation bands such as Frédéric Blondy, Pascal Battus, Christine et Sharif Sehnaoui, Agnès Palier, Stephan Rives, Jean Bordé, Jack Wright…
In 2007, he moves to Crest, Drôme. He meets the Grand Chahut Collectif with whom he has obvious affinities. In 2008, he performs his first bass drum solo, in the Petits Chahuts Itinérants Festival, and sets up three free music trios : Tu Tapes Trop Fort, Asile Mabuse and Nicht Rio. He also works as a musician and an actor for the 36 Du Mois Compagny since 2002.

reviews:

5 ans après avoir inauguré le netlabel suisse Insubordinations en compagnie de Heddy Boubaker, Sébastien Bouhana revient à la charge, mais cette fois-ci, en solo. On a toujours le souvenir d’un jeu discret, minimaliste et éclaté; mais depuis, Bouhana s’est considérablement affirmé, sa musique a désormais atteint des profondeurs vertigineuses et une clarté aveuglante. En fait, je crois qu’il va être difficile de mettre des mots sur Tambour, pas tant tellement j’ai été bouleversé par cette écoute…mais bon, essayons.
J’ai déjà mis deux mots: bouleversement et profondeur. Qu’est-ce qui les lie? C’est que Bouhana, frottant cymbales et différents objets métalliques sur la peau de sa grosse caisse, accède a une dimension méconnue du son, cette dimension est peut-être bouleversante parce qu’elle a toujours été présente dans la nature du corps résonnant mais n’a jamais eu l’occasion d’accéder à notre esprit, notre perception étant trop réduite et imparfaite. Le bouleversement résiderait alors peut-être dans l’élargissement de notre perception et de nos sens, élargissement rendu possible par l’exploration sonore abyssale de la grosse caisse et des objets utilisés. Si Bouhana accède au plus profond des vibrations sonores, il accède du même coup au plus profond de notre perception et de notre être donc. Il y a, à mon avis, un lien direct entre la profondeur sonore atteinte et l’apparition d’une perception beaucoup plus aiguë qui nous bouleverse car elle nous plonge dans un autre univers tout d’abord sonore, mais également cosmique puisque la perception est constituée de tous les sens qui agissent aussi les uns sur les autres.
La musique de Bouhana est extrêmement sensuelle (sensationnaliste dirait Pessoa) et corporelle. Aucun formalisme ni intellectualisme n’est à l’œuvre ici, l’exploration est seulement médiatisée par le corps et les sens: la peau de la percussion prolonge l’organisme de Bouhana, les sens médiatisent et réalisent ce prolongement en donnant vie à des résonances inattendues et inouïes. Cymbales, ressorts et autres objets métalliques sont frottés, caressés, grattés à la peau de la grosse caisse durant trois longues plages (bientôt peut-être un structuraliste déchu ou un numérologue christique et mystique sortira une thèse sur la « trinité dans l’improvisation ») ne laissant aucune place au silence. Le flux est continu, l’intensité toujours portée par une sorte de pulsation toujours sous-jacente et à peine perceptible, une pulsation qui est plus présente dans le corps de Bouhana que dans sa musique, une pulsation primitive et inconsciente qui se transmet plus physiquement que musicalement et intellectuellement. La musique de Bouhana est faite de résonance connue par les sens et non par l’intellect: chaque objet est senti, entendu, vu, touché, gouté afin d’être connu au plus profond de son être.
Je crois que je me bats contre des moulins puisque ce que j’essaye d’expliquer, c’est le processus par lequel j’en suis arrivé à être autant touché, quand bien même ce processus est extérieur à la raison et au discours, donc à l’explication… Pas besoin de raisonner, il suffit de vivre cette exploration abyssale, une fois, deux fois, etc… Car à chaque écoute, une texture inaperçue (elles s’enchainent toutes imperceptiblement) révèle sa richesse et sa profondeur (toujours), et ce timbre entraîne pour l’auditeur de nouvelles sensations, etc. 3 séquences d’une richesse inépuisable, d’une profondeur surhumaine, d’une chaleur organique, d’une sensibilité aiguë, et surtout, notons que ces 3 plages ne paraissent pas vraiment en lien avec l’histoire de la musique, sans dire que Bouhana est extérieur à toute influence (on sent les approches de Murayama, Gouband, Pontevia et même Lovens), il me paraît juste se situer dans un dialogue à trois ultra-personnel, avec ses objets et sa grosse caisse, en-dehors des problématiques sur la forme musicale, l’improvisation, et des confrontations entre la musique savante et la musique populaire. Bouhana navigue dans le son même, explore sa texture et communique ses couleurs avec générosité. Un putain de chef d’œuvre!
hjulien / improv-sphere.blogspot.com

The deconstruction of the music industry over the last decade has resulted in a lot unfortunately things. But one of the positive byproducts was the rise of many strong independent labels and artists releasing their own music on their own.
Labels such as Rune Grammofon, Clean Feed, Brooklyn Jazz Underground, Audio Tong among others, globally have reinvigorated the creative scene. One new label has also taken the independent spirit one step further–Insubordinations Netlabel.
Insubordinations feel more like an artists collective than a label. The artists issue albums both as available downloads and physical CDs. Many of the artists and their material is very forward thinking. One artist that has captured my attention this year has been French drummer/experimentalist, Sebastien Bouhana.
Sebastien Bouhana solo release, Tambour pas tant (Translation: Drum Not So Much) is a real treat and challenge for any listener. And drum not so much is a good description of how this project moves along. Built around atmospheric themes and improvised movements, Tambour past tant is a refreshing look at the soundscapes an artist can create with the drum. « Evoquee » sees Bouhana sounding like searing guitar or a buzzsaw than drummer. It’s an adventurous and dense piece that moves rapidly but very concentrated focus.
« Une Vieille Connaissance » provides a host of colours, crackles, swirls and found sounds that are like slow broken down train moving through a tunnel. « Tres Nettement » rounds out the three lengthy pieces on this disc. Consisting of the same elements as the proceeding pieces it does develop a small beat and rhythmic pattern underneath the chaos. Bouhana works in a similar realm as Jim O’Rouke or Sonic Youth. He is helping the listener search for their own conclusion within the soundscape–and that’s the best thing music can do for a listen.
Tambour pas tant may be a challenge for many but its one of those records that will have asking questions of yourself. It is intense and will have you concentrating on every aspect of Bouhana’s movements. Challenge and refreshing.
Stephan Moore / jazzwrap.blogspot.com

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